HISTORIQUE ET INTERVENTION AU PREMIER ANNIVERSAIRE DU M23

 Camarade Président du M23 ;

Camarade Vice-Président et Chef d’Etat-major Général du M23,

Camarades membres de l’Exécutif et membres du Haut Commandement Militaire,

Mesdames et Messieurs,

Distingués invités,

 

        Avant toute chose, je voudrais rendre grâce à Dieu Tout Puissant, Maitre des circonstances qui a permis qu’en ce jour, nous soyons encore présents ici. Je tiens aussi à remercier toute la population de Rutshuru qui nous accueille en ce lieu si merveilleux. Nous sommes aussi reconnaissant à l’endroit des autorités civiles et militaires de la ville de Rutshuru qui n’ont ménagées aucun effort pour contribuer efficacement à la réussite de cette auguste manifestation.   Cependant, nous ne pouvons célébrer une telle manifestation sans honorer la mémoire des citoyens de cette ville qui ont été lâchement assassinés par les ennemis de la paix et les vendeurs de la haine à moindre cout. Notre présence ici est le signe d’un réconfort aux familles de ces victimes, mais aussi, à toute la population de Rutshuru.

 

L’anniversaire est une manifestation qui rappelle que la personne a évoluée d’une année.

Anni : année

Versare : plus, supplémentaire, augmenter.

Le M 23 vient donc de totaliser une année et cela mérite d’être célébré comme il se doit. Voilà pourquoi nous sommes là aujourd’hui. Il est question de commémorer le parcours d’un mouvement qui est né dans les larmes, avec le profond souci de se mettre à l’abri contre la volonté manifeste des autorités politiques et militaires de la RDC qui ont voulu en finir avec la plupart des officiers ici présents, et de surcroit, de toute la population congolaise na partageant pas l’idéologie de la destruction nationale prônée par le pouvoir en place. 

 

Camarade Président du M23 ;

Camarade Vice-Président et Chef d’Etat-major Général du M23,

Camarades membres de l’Exécutif et membres du Haut Commandement Militaire,

Mesdames et Messieurs,

Distingués invités,

        Une année d’histoire ne semble rien signifier, si l’on se réfère uniquement aux 365 jours. Mais en une année, beaucoup de choses peuvent se passer comme c’est le cas de notre Mouvement, le M23. Qu’en est-il au juste ?

        En date du 23 mars 2009, le gouvernement Congolais avait signé un Accord de paix avec tous les groupes armés d’une part, et avec le CNDP d’autre part. Les points saillants de ces accords concernaient l’intégration des troupes de l’Ex-CNDP au sein de l’armée nationale, leur maintien à l’est de la RDC pour traquer les groupes armés réfractaires à la paix, et intégrer les politiques au sein des instances nationales. Mais après la signature de cet accords, ce fut le début d’un calvaire tant pour les militaires que pour les politiques.

       

Pour plus de précisions, quelques constats sont à signaler

        La naissance du M23 est la conséquence de plusieurs constats dont les principales sont les suivants :

-Un traitement inhumain des militaires issus de l’Ex-CNDP, du PARECO et autres ;

-Des politiciens incompétents et ne connaissant pas les objectifs de la lutte vont se mettre à la solde du pouvoir central de Kinshasa, oubliant totalement les raisons de leur combat ;

-La sourde oreille du gouvernement de Kinshasa aux différents cris d’alarmes des militaires intégrés ;

-La volonté manifeste du gouvernement de Kinshasa, de résoudre par les armes, des problèmes politiques et sociaux.

 

        A cette interrogation clairement posée, Joseph Kabila tentera de répondre par la voie de la corruption morale. Sans tarder, il proposera le grade de Général de Brigade et un poste important à Makenga Sultani afin qu’il abandonne ses revendications.

 

A la suite de ces entretiens houleux et suite à la menace qui allait grandissant, des officiers supérieurs vont se réunir à Bukavu en février 2012 avec pour objectif, de trouver une solution aux problèmes sérieux posés par leur intégration. En cette période, le tribalisme et la xénophobie au sein de l’armée nationale étaient devenus insupportables et moralement inacceptables.  Curieusement, dès cette période, c’est plutôt la chasse à l’homme qui commence :

-Des arrestations arbitraires des officiers ex-CNDP et Ex-PARECO ;

-Proposition d’un déploiement en dehors des Kivu en contradiction totale avec les accords du 23 mars 2009 ;

-L’aggravation du mauvais traitement. Des officiers supérieurs traités comme des soldats des rangs. Une situation entretenue et soutenue par la hiérarchie militaire de la République. A la suite de ces situations, plusieurs mémorandums seront adressés au Président de la République par des Officiers commandant les grandes unités. L’objectif étant de dénoncer ces faits et rappeler les Accords du 23 mars 2009.

 

Mais aucune réponse raisonnable ne leur sera proposée. Bien au contraire, il leur sera reproché d’enfreindre aux règles militaires. « Un militaire obéit seulement aux ordres. Il ne revendique pas » dira le Lieutenant Général Didier Etumba, Chef d’Etat-Major Général des FARDC. Il ordonnera l’arrestation immédiate de ces derniers et la chasse à l’homme commença. Les principales victimes de cette injustice sont :

-Le Colonel Byamungu Bernard ;

-Le Colonel Biyoyo ;

-Le Colonel Nsabimana et autres

 

Quant au Général Makenga Sultani, il sera embusqué à Nyabibwe au Sud-Kivu, alors qu’il répondait à l’invitation de sa hiérarchie à Goma. Le Lieutenant-Colonel Ali trouvera la mort sur la route de Rutshuru. Il fut assassiné par une embuscade tendue sur ordre de son chef hiérarchique, le Colonel Yav. Ces assassinats rappellent ceux ayant eu lieu à Dungu en province orientale où 46 militaires ex-CNDP furent tués par leurs frères d’armes et leur bourreau récompensé par la hiérarchie militaire de la RDC. Mais à cela suivra l’assassinat de 08 autres militaires ex-CNDP à Kindu au Maniema sur ordre de leur hiérarchie. On notera aussi le cas d’un capitaine tué au Sud-Kivu par son chef à Kibombo. S’ensuivit le désarmement forcé des militaires ex-CNDP, PARECO et autres.

 

Camarade Président du M23 ;

Camarade Vice-Président et Chef d’Etat-major Général du M23,

Camarades membres de l’Exécutif et membres du Haut Commandement Militaire,

Mesdames et Messieurs,

Distingués invités,

       

        Le 03 mai 2012, un groupe des officiers conduits par le Général Makenga choisira de prendre la voie de survie.

 

Ils prendront l’itinéraire de Bukavu – Nzulo – Muja – Lusayo – Kibumba – Parc des Virunga – Runyoni dans le Rutshuru.

 

Le 06 mai 2012, création du M23 par des officiers supérieurs et quelques cadres politiques autour du Général Makenga Sultani. Pour l’occasion, ce dernier appela les autres militaires en situation de détresse à les rejoindre sur l’ilot de paix.

 

A partir du 07 mai, plusieurs autres officiers répondront à l’appel du Général de Brigade Makenga Sultani. Ils quitteront leurs postes à Beni, Irengeti, Shabunda, Mwenga, Fizi, Masisi, Rutshuru, Walikale, Kinshasa etc, pour se mettre à l’abri face à la rage d’extermination du régime en cours. Ces officiers tenteront de tendre la main pour un dialogue constructif afin de résoudre pacifiquement les problèmes posés.

 

Mais la réponse du gouvernement de Kinshasa se manifestera par une barbarie militaire sans nom. Des chars, des avions de combats, des blindés et autres armes lourdes seront déployés autour de Runyoni pour exécuter définitivement le plan d’extermination de ces officiers. Mais en guise de légitime défense, les attaques des troupes gouvernementales sera repoussée et les défaites multiples conduiront à la sécurisation des cités de Bunagana, Rutshuru, Kiwanja, Rubare, Rumangabo et Rugari.

 

En date du 12 novembre 2012, des attaques sporadiques seront conduites par la coalition FARD-FDLR-Mai Mai contre des paisibles citoyens et entraineront plusieurs morts. En réponse auxdites attaques, le M23 éloignera l’ennemi  jusqu’à la prise de la ville de Goma et du territoire de Masisi, le 20 novembre 2012. Le mouvement s’y retirera, le 01 décembre sur la demande des Chefs d’Etats de la CIRGL. En contrepartie, le M23 obtiendra le dialogue direct avec le gouvernement central de Kinshasa à Kampala, sous la médiation du Président Yoweri Kaguta Museveni, Président de l’Ouganda. Curieusement, le même gouvernement qui s’était mis à genoux pour demander ce dialogue sera le premier à torpiller le processus jusqu’à le conduire dans l’impasse actuelle.

 

 

Camarade Président du M23 ;

Camarade Vice-Président et Chef d’Etat-major Général du M23,

Camarades membres de l’Exécutif et membres du Haut Commandement Militaire,

Mesdames et Messieurs,

Distingués invités,

       

        A partir de février 2013, plusieurs rapports signalent l’infiltration du Général Bosco Ntaganda dans les territoires sous contrôle du M23. Le Général Makenga Sultani décide alors de l’arrêter si cela s’avère vrai. Monsieur Jean-Marie Runiga, ancien président du M23 s’y oppose et déclare publiquement, au cours d’une séance de formation des cadres à Rumangabo que : « quoi qu’il en soit, je n’arrêterai jamais Bosco Ntaganda ». C’est le début des enquêtes qui aboutiront à la confirmation desdits rapports. Quelques militaires indisciplinés vont s’opposer à une telle démarche. Voilà ce qui conduira à la traque de l’infiltré et des indisciplinés jusqu’à ce que Jean-Marie Runiga et ses acolytes se réfugient au Rwanda, le 16 mars 2013. Le même jour, Bosco Ntaganda se rend à l’Ambassade des USA à Kigali. 

        Plusieurs choses se sont passées. La brève historiographie que nous venons de retracer n’est qu’une reprise exhaustive des grands moments et des acteurs majeurs du M23. Mais plusieurs autres actions se sont posées de par le monde pour appuyer, accompagner et soutenir l’action des militaires sur le terrain. Nous ne pouvons ignorer le soutien des amis de la diaspora congolaise dans la région, en Afrique et partout dans le monde. Nous n’avons pas tout mentionné afin de permettre aux autres de poursuivre et d’enrichir cette modeste présentation par un travail plus large.  Enfin, je ne peux clôturer cette présentation sans rappeler quelques dates ultimes caractérisant la brève histoire du M23.

 

Quelques dates importantes

 

-Le 06 mai 2012 : Création du M23 par le Général Makenga et plusieurs officiers supérieurs et cadres politiques ;

-Le 02 juillet 2012 : Libération de la cité de Bunagana après d’intenses combats et fuite de plusieurs milliers des militaires FARDC vers l’Ouganda voisin ;

-Le 09 juillet 2012 : Nomination de Jean-Marie Runiga comme coordonnateur politique du M23 ;

-Le 15 juillet 2012 : Première libération du camp de Rumangabo, Rugari, des villes de Rutshuru, Kiwanja et Rubare et leur responsabilisation entre les mains de la Monusco et de la Police Nationale Congolaise ;

-Le 24 juillet 2012 : Reprise de Rutshuru, Kiwanja, Rubare et environs, après l’échec de la Monusco et de la Police Nationale Congolaise à sécuriser les populations ;

–Le 29 juillet 2012 : Libération du camp de Rumangabo, de la cité de Rugari et environs ;

-Le 01 aout 2012 : 1er départ de la délégation du M23 à Kampala pour des pourparlers avec Kabila ;

-Le 17 aout 2012 : Nomination de l’Exécutif du M23 ;

 

– Le 12 novembre 2012 : Premières attaques conduites par la coalition FARDC-FDLR-Mai Mai à Kinyandoni, Mabenga, Kibumba etc. On y comptera plusieurs morts dont 4 policiers et un chef de poste d’encadrement administratif ;

-Le 15 novembre 2012 : Riposte de l’ARC jusqu’à la libération et la sécurisation du territoire de Nyiragongo, de Masisi et de la ville de Goma ;

-Le 20 novembre 2012 : Libération totale de la ville de Goma ;

-Le 01 décembre 2012 : Retrait de la ville de Goma et du territoire de Masisi sur la demande explicite des Chefs d’Etats de la CIRGL. En contrepartie, le M23 obtiendra le dialogue direct avec le gouvernement central de Kinshasa à Kampala ;

-Le 06 décembre 2012 : Départ de la délégation du M23 au dialogue politique de Kampala ;

-Le 20 décembre 2012 : Retour de la délégation à Bunagana pour les vacances de Noël ;

 

-Le 04 janvier 2013 : La délégation du M23 rentre à Kampala pour la seconde fois ;

-Février 2013 : Rencontre entre Runiga et le Général Makega pour résoudre les problèmes internes au mouvement ;

-Le 24 février 2013 : Assassinat du Major Musana Nyangezi à Rutshuru centre ;

-Le 26 février 2013 : Enterrement du Major Musana Nyangezi à Bunagana et dans la même soirée, fuite de Jean-Marie Runiga vers Kibumba où il rejoint le Général Bosco Ntaganda. En compagnie de quelques militaires indisciplinés, il va y organiser le résistance contre le M23 ;

-Le 27 février 2013 : Beauduin Ngaruye quitte Rutshuru pour rejoindre ses amis à Kibumba ;

-Le 27 février 2013 : Destitution de Jean-Marie Runiga par le Haut Commandement Militaire ;

-Le 01 mars 2013 : Attaque sur Cyanzu et tentative d’assassinat du Général Makenga Sultani ;

-Le 07 mars 2013 : Nomination de Bertrand Bisimwa comme président du M23 en replacement de Jean-Marie Runiga ;

-Le 09 mars 2013 : Reprise des combats contre le groupe de militaires indisciplinés conduits par Jean-Marie Runiga et Bosco Ntanganda ;

-Le 16 mars 2013 : Défaite totale des indisciplinés au sein du M23 et le Général Bosco Ntaganda se rend à l’Ambassade des USA à Kigali ;

-Le 18 mars 2013 : Transfert du Général Bosco Ntaganda à la CPI à la Haye en Hollande ;

-Le 05 avril 2013 : Retour de la délégation du M23 au dialogue de Kampala ;

-Le 06 mai 2013 : Premier anniversaire du M23. 

 

        Une fois de plus, je vous remercie toutes et tous pour votre aimable attention.

 

        Que Dieu bénisse le M23.

        Rutshuru, le 06 mai 2013.

        Stanislas Baleke,

Chef de département de l’Environnement, Tourisme et   Conservation de la nature.    

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