La participation de l’Afrique du sud dans la brigade D’intervention au Congo, n’est donc plus une “évidence” pour Prétoria.

Voici les Militaites de Kabila avec qui l'ONU V colalise pour Combatre les vailant soldats du M23

Voici les Militaites de Kabila avec qui l’ONU V colalise pour Combatre les vailant soldats du m23

RDC : Scepticisme autour de la Brigade d’intervention de l’ONU

Entre espoirs et craintes, la nouvelle force de combat des Nations unies qui doit se déployer avant le 30 avril, reçoit un accueil partagé à Kinshasa. Si les autorités congolaises attendent avec impatience l’arrivée des 3000 hommes de la brigade spéciale à l’Est du pays, certains observateurs doutent de son efficacité.

C’est une première pour les Nations unies. 3000 hommes d’une Brigade d’intervention spéciale pourront bientôt mener des “opérations offensives ciblées” pour mettre fin aux groupes armés à l’Est de la République démocratique du Congo. C’est donc la première fois que des casques bleus pourront “passer à l’attaque“, seuls ou en appui de l’armée régulière, pour lutter contre les différentes rébellions qui sévissent dans les Kivus. La brigade sera composée de 3 bataillons d’infanterie, d’un bataillon d’artillerie, d’une “force spéciale” et d’une compagnie de reconnaissance. Elle sera placée sous l’autorité directe du commandant de la Monusco, la mission de l’ONU en RDC.

L’ONU muscle sa mission

Jusqu’à maintenant, la principale mission de la Monusco se cantonnait à la protection des civils. Les Casques bleus n’avaient pas le droit d’ouvrir le feu, à moins d’être attaqués. Cette brigade d’un nouveau genre pourra donc utiliser la force pour “neutraliser les groupes armés“. Après une décennie d’échecs à répétition en RDC, l’ONU n’avait pas d’autres choix que de “muscler” sa mission. Dernier “ratage” en date pour la Monusco : son incapacité à protéger la ville de Goma, attaquée par les rebelles du M23 en novembre dernier.

Un grand “ouf” pour Kinshasa

L’arrivée de la brigade d’intervention spéciale a donc été “vivement saluée” par le gouvernement congolais. “Il s’agit ni plus ni moins d’une grande victoire pour notre pays. (…) Nous verrons la fin de ce cycle de violences et de conflit. (…) La roue est en train de tourner, c’est irréversible“, s’enthousiasme Raymond Tshibanda, le ministre des Affaires étrangères de RDC. La joie gouvernementale n’est pas feinte. Il faut dire que depuis avril 2012 et la création de la rébellion du M23, la RDC peine à trouver la solution dans le conflit du Nord-Kivu. Avec une armée en débandade, sous-payée, sous-armée et complètement démotivée, Kinshasa s’est vu infliger de cuisantes défaites militaires par le M23. Les rebelles se sont même emparés de Goma, la capitale provinciale, pendant une dizaine de jours. Pour Kinshasa, l’annonce de la création d’une brigade d’intervention sonne donc comme un “ouf” de soulagement.

“La guerre a trop duré”

La société civile, qui représente la population, se réjouit aussi de l’arrivée de ces “supers casques bleus“. “Cette guerre a trop duré et devient de plus en plus insupportable“, explique Omar Kavota sur Radio Okapi. “Des milliers de déplacés doivent rentrer dans leurs milieux d’origine et la population doit être libérée de l’administration criminelle des groupes armés“, explique-t-il sur la site de la radio onusienne. Même l’opposant Vital Kamerhe (UNC) se félicite de l’envoi de cette brigade, avant de se plaindre “du retard de la réaction musclée” des Nations unies face à la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC. Mais une question est pourtant sur toutes les lèvres au Congo : la brigade d’intervention sera-t-elle efficace ? et suffira-t-elle à ramener la paix dans les Kivus ? A cette question, les réponses sont moins enthousiastes.

Militarisation des Kivus

Sur le site de Voice of America, Fidel Bafilemba d’Enough Project à Goma, est plus prudent. “Nous attendons de voir cette force, qu’elle arrive et qu’elle puisse rencontrer les attentes de la population“, explique-t-il. Le chercheur redoute en fait “une militarisation accrue de l’Est du Congo“. Selon lui, l’arrivée d’une brigade “offensive” de l’ONU risque d’avoir “des impacts négatifs sur la vie des gens“. En fait, résume Fidel Bafilemba, “nous sommes en train de nous poser des questions si elle saura s’y prendre“. Selon certains observateurs du dossier congolais, l’arrivée de 3000 nouveaux soldats dans la région ne régleront pas “d’un coup de baguette magique” deux décennies de guerres à répétition. Des experts militaires soulignent que, certes 3000 hommes supplémentaires, pourront “protéger” Goma et ses environs des attaques du M23, mais ne pourront “éradiquer” l’ensemble des groupes armés de la région. Un vingtaine de rébellion, plus ou moins organisées, se partagent l’Est de la RDC sur une immense superficie difficilement accessible. La brigade de l’ONU risque simplement de jouer “l’effet plumeau” : disperser les groupes armés vers d’autres territoires, plus reculés et moins exposés aux attaques de l’ONU et de l’armée régulière.

L’Afrique du Sud “échaudée

D’autres incertitudes planent sur le calendrier et la composition de la cette force. La date (très optimiste) du 30 avril a en effet été avancée par l’ONU pour l’arrivée de la brigade dans la région. Il semble peu probable que les 3000 hommes soient opérationnels aussi rapidement. Car au coeur du dispositif onusien, il y a l’Afrique du Sud, qui, avec la Tanzanie et le Malawi doivent composer l’architecture de la future brigade. Après avoir longtemps traîner des pieds pour accepter de se placer sous commandement onusien, l’Afrique du Sud fait face à une forte polémique sur sa dernière intervention en Centrafrique. L’armée sud africaine a en effet enregistré sa plus lourde perte militaire depuis 1994, avec 13 de ses soldats tués à Bangui pour sauver le président François Bozizé. L’opinion publique sud africaine a été profondément choqué par cette opération de sauvetage d’un régime contestable et les soldats sud africains, de retour de Centrafrique, sont tous traumatisés par cette guerre, dans laquelle ils ont dû tuer “des enfants soldats“. La participation de l’Afrique du sud dans cette brigade, n’est donc plus une “évidence” pour Prétoria.

Rajouter de la guerre à la guerre

Dernier point : la position des rebelles du M23. On pouvait s’en douter, la rébellion “désapprouve le déploiement de la brigade d’intervention“. Pour le M23, les Nations unis viennent de “lever l’option de la guerre” dans la région. Les rebelles ont en effet beau jeu de dénoncer le choix de l’ONU, alors que des négociations de paix étaient en cours à Kampala entre le gouvernement congolais et le M23. Kinshasa a d’ailleurs rapidement fait comprendre aux rebelles, qu’avec l’arrivée de cette brigade au Nord-Kivu, les pourparlers n’iraient pas plus loin. Dans ce contexte, on peut en effet douter de l’efficacité de cette brigade “offensive” dans l’Est de la RDC. Un responsable d’ONG nous confiait que l’arrivée de 3000 soldats sur la zone, allait avant tout “rajouter de la guerre à la guerre”, “jeter de nouveau sur les routes des milliers de réfugiés“, sans résoudre le problème des Kivus, qui lui, est politique.

Christophe RIGAUD – Afrikarabia

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