Force Neutre pour Demanteler le m23: Nombreuses objections ont été soulevées par les pays membres du CS.

Joseph kabila Mutu pasi

Joseph kabila Mutu pasi

Mardi 5 dernier, le secrétaire général des Nations Unies, Ban ki-Moon s’adresse aux 15 membres du Conseil de Sécurité (CS) pour leur demander d’adopter rapidement une résolution autorisant l’envoi, dans l’Est de la République démocratique du Congo, d’une brigade d’intervention rapide sous mandat onusien et dotée du mandat lui permettant de mener des « opérations offensives » pour combattre « tous les groupes armés » présents, ce qui en langage diplomatique veut dire le M 23 surtout.

Et ce d’autant plus que la tache de rédiger une résolution autorisant l’envoi d’une nouvelle force musclée sous bannière de l’ONU incombe à la France qui, à travers Hervé Ladsous, dirige de facto les Opérations de maintien de la paix des NU et n’a jamais caché sa volonté de démanteler par la force le M23.

Selon l’ambassadeur russe aux Nations Unies, Victor Tchourkine, nombreuses objections ont été soulevées par les pays membres du CS. Celles-ci concernent la ‘faisabilité’ d’une telle brigade, les craintes que cette nouvelle unité puisse établir un dualisme avec les forces de la MONUSCO déjà sur le terrain et enfin les réserves depuis longtemps exprimées par nombreux pays -dont les USA- sur ces mêmes forces.

En réalité, les contradictions s’élargissent au sein de la communauté internationale sur la gestion du dossier Est de la RDC. Et cela joue en faveur du M 23, qui a le temps de se renforcer militairement, politiquement et de peaufiner sa stratégie.

Depuis le mois de mai et jusqu’à la fin de l’année, une opposition de fond a marqué les positions du CS et celles des organisations régionales africaines, la CIRGL notamment et la SADEC.

Les premières, inspirées par la France, visant l’éradication du M 23, et les autres prônant une solution pacifique de la crise.

La CIRGL et la SADEC ont depuis le début proposé la constitution d’une « force internationale neutre » (devenue « brigade d’intervention rapide », selon les entendements plus agressifs des autres) censée garantir la poursuite du processus de paix engagé à Kampala entre le gouvernement de la RDC et l’M 23.

La Tanzanie, le Mozambique et l’Afrique du Sud se sont au fur et à mesure proposés pour en faire partie, en soulignant ainsi la volonté des pays de la sous-région des Grands Lacs d’adopter la solution africaine de la crise.

Le processus d’Addis Abeba, dans lequel les puissances occidentales, l’ONU et l’UE sont entrée dans le jeu, a subi des atermoiements jusqu’à sa dernière résolution (Accord cadre pour la paix en République démocratique du Congo, signé le 24 septembre dernier par 11 pays africains et par le secrétaire général des Nations Unies, en présence de l’Union Européenne et de l’Union Africaine) aux contenus plutôt vagues car la composition, le commandement et le mandat de cette force ou brigade étaient des enjeux soumis aux agendas divers des uns et des autres.

Si les Africains veulent la gestion de la force, quoique sous couverture de l’ONU, pour lui faire jouer un rôle d’interposition, la France, la RDC et le secrétaire général de l’ONU la conçoivent davantage comme le bras armé de la MONUSCO pour désarmer le M 23.

A l’heure actuelle, ce positionnement se traduit dans un blocage difficile à dépasser suite à l’opposition de moins en moins latente de la Russie, de la Chine et des USA -sans compter que le Rwanda, nouveau membre du CS, présidera cet organisme à partir du 1er avril prochain.

Résultat : la France paraît plus isolée au sein du CS et le pouvoir de Kinshasa encore plus affaibli et avec des marges de manœuvre assez réduits.

On l’a vu récemment : lorsque les FARDC ont occupé des positions provisoirement abandonnées par le M23, elles se sont vite retirées suite aux injonctions du Haut commandement militaire du mouvement rebelle.

Ce qui prouve, par ailleurs, le contrôle du processus politique de Kampala, et de la CIRGL avec la SADEC, sur l’ensemble de la situation.
Les ‘éradicateurs’ semblent en perte de vitesse et les appels de Ban ki-Moon tombent pour l’instant dans le vide.

Les stratèges politiques et militaires du M 23 -qui de facto n’est plus considéré comme une force négative- peuvent travailler pour élargir leur assise et développer une activité diplomatique intense avec un lobbying intelligent et soutenu par une communication forte et conséquente.

LUIGI  ELONGUI

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