Dialogue de kampala: Réponse du M23 a la Délegation du Gouvernement de Kinshasa

MISE AU POINT DU M23 PAR RAPPORT À LA RÉPONSE DU

GOUVERNEMENT AUX POINTS 2 ET 3 RELATIFS AUX QUESTIONS

SÉCURITAIRE, POLITIQUE, ÉCONOMIQUE ET SOCIALE DE

L’ORDRE DU JOUR DU DIALOGUE DE KAMPALA

 

INTRODUCTION

 

Le M23 vient de prendre connaissance de la réponse de la Délégation du

Gouvernement de la RDC relative aux points 2 et 3 de l’ordre du jour du

Dialogue de Kampala.

 

Les questions sécuritaire, politique, économique et sociale sont d’une

importance capitale dans le règlement des conflits dans notre pays; domaines

dont le Gouvernement n’assume pas sa pleine responsabilité.

Vouloir éluder le débat sur ces questions c’est non seulement compromettre

l’essentiel du dialogue tant attendu par le peuple congolais tout entier, mais

aussi et surtout manquer de la considération aux Chefs d’État de la CIRGL qui

se sont impliqués pour le retour de la paix à l’Est de la RDC.

 

II. DE LA RÉALITÉ DES FAITS

 

Le Gouvernement doit se rappeler que c’est à la demande des Chefs d’État de

la CIRGL que :

 

1. Le M23 a décrété un cessez-le-feu unilatéral;

2. Le M23 a arrêté sa progression bien qu’ayant l’avantage sur terrain;

3. Le M23 s’est retiré de la ville de Goma;

4. Le M23 a accepté ce dialogue, pour trouver des solutions définitives

aux causes profondes des conflits qui sont à la base des guerres

récurrentes dans notre pays.

 

Par ailleurs, le M23 rappelle que, pour donner la chance à l’avancement du

Dialogue et le consacrer comme moyen par excellence de résoudre le conflit

en RDC, il a déclaré officiellement un cessez-le-feu unilatéral à Kampala en

dépit du refus par le Gouvernement d’un cessez-le-feu bilatéral.

Il sied également de rappeler que des avancées significatives ont été notées

dans ce Dialogue, notamment :

 

! L’adoption du règlement d’ordre intérieur;

! L’adoption de l’ordre du jour dûment signé par les parties au Dialogue et

la Facilitation en présence des observateurs de la Communauté

internationale;

! L’adoption des conclusions du premier point de l’ordre du jour relatif à la

revue de l’Accord du 23 mars 2009.

 

III. DE LA MÉTHODOLOGIE

 

Le M23 rappelle que le traitement des points restants à l’ordre du jour doit

respecter la méthode adoptée par les parties lors du traitement du premier

point qui consistait à la mise sur pied d’une commission conjointe et/ou par

des débats en plénière. Cette méthode a été formellement annoncée par le

facilitateur et adoptée en plénière pour les traitements des questions

restantes.

 

IV. DU CONTENU GLOBAL DE LA RÉPONSE DU GOUVERNEMENT

 

1. Le M23 tient à souligner à l’attention du Gouvernement qu’il n’est pas

l’initiateur de ce Dialogue pour décider de manière péremptoire de ce qui est

légitime ou illégitime, légal ou illégal parce que lui-même réputé illégitime du

fait qu’il est le produit d’élections truquées décriées par toutes les forces

vives de la nation congolaise et la communauté internationale. La lecture du

Gouvernement est en contradiction avec la déclaration des chefs d’État et de

gouvernement de la CIRGL du 24 novembre 2012.

 

2. Le M23 est étonné qu’après avoir rencontré le Médiateur, le Gouvernement

se livre à un exercice qui compromet dangereusement la suite du Dialogue.

Le style arrogant utilisé et le rejet en bloc de toutes les revendications du M23

dénotent de l’irresponsabilité et de l’incapacité du Gouvernement à trouver

des solutions aux problèmes de la société.

 

3. Tant que le Gouvernement appliquera la Constitution de manière sélective

en se fondant uniquement sur ses droits et ses prérogatives oubliant que

cette même Constitution lui impose également des devoirs et des obligations,

il sera toujours dans l’incapacité de gouverner comme c’est le cas

aujourd’hui.

 

4. Le document en annexe transmis par le Gouvernement sur la question des

militaires soi-disant ex CNDP venus de Kamina en 2008 est une autre

manoeuvre dilatoire pour entretenir délibérément la confusion au sein de

l’opinion tant nationale qu’internationale.

 

À titre illustratif, le M23 tient à préciser ce qui suit :

 

– En 2008 le CNDP n’avait pas encore remis ses militaires au Gouvernement.

La déclaration militaire de fin de guerre de l’ANC – CNDP n’est intervenue que

le 16 janvier 2009.

 

– Les 46 militaires ex-CNDP exécutés à Dungu appartenaient au 123ème

bataillon commandé par le Major Jean Claude Issa, partis de Rutshuru à

destination de Beni et qui furent par la suite détournés pour aller renforcer les

opérations à Dungu en Province Orientale en dehors des zones

opérationnelles de leur structure militaire d’accueil. Il n’a jamais été question

d’un quelconque déploiement à partir de Kamina comme le prétend le

document du Gouvernement.

 

– La liste des noms des militaires transmise par le Gouvernement dénote le

caractère discriminatoire de celui-ci à assimiler tous les noms à résonnance

Kinyarwanda comme ayant appartenu d’office au CNDP.

 

– Il n’existe pas un officier répondant au nom de Castro Mbera Douglas dans le

rang du M23 et Castro Mbera qui fait partie de la Délégation du M23 au

Dialogue de Kampala n’a jamais occupé la fonction de S2 du Deuxième

Secteur /RUTSHURU.

 

– S’agissant du cas particulier d’assassinat du Lt. Col. HABIMANA Ali, le M23

est stupéfait par les contre-vérités du Gouvernement de Kinshasa qui

cherche continuellement à cacher les vrais assassins et à chercher les boucs

émissaires. Pourtant, les malfrats sont bien connus. S’il était établi que le S2

du deuxième Secteur était l’auteur de cet assassinat, pourquoi n’avait-il pas

été déféré devant la justice alors qu’il était élément des FARDC à l’époque?

 

5. Et, quid des assassinats des politiciens, journalistes, activistes de droit de

l’homme et autres (Floribert Chebeya et son chauffeur Fidel Bazana, Frank

Ngikye et son épouse, Armand Tungulu…) évoqués dans notre Cahier des

charges?

 

Le M23 constate que pour la énième fois, le Gouvernement garde toujours

intacte sa réputation de ne pas respecter ses engagements en l’espèce,

l’ordre du jour dûment signé par les parties au Dialogue et la Facilitation en

présence des observateurs internationaux.

 

Si la délégation du gouvernement à Kampala ne le sait pas encore,

l’organisateur du hold-up électoral du 28 novembre 2011 est passé aux aveux

à partir de sa province d’origine du Katanga à Lubumbashi. Le peuple

congolais espère que l’organisateur du hold-up électoral de 2006, devenu

membre influent de la majorité au pouvoir et chef adjoint de la Délégation du

Gouvernement à ce Dialogue fera aussi ses aveux.

 

V. DE LA LÉGITIMITÉ ET DE LA LÉGALITÉ DES REVENDICATIONS DU M23

 

Le M23 est étonné que le Gouvernement qui a regroupé de son propre chef

les revendications du M23 en 81 points ait rejeté tout en bloc soit pour sans

objet, soit pour illégitimité, soit pour illégalité soit pour inconstitutionnalité

selon son appréciation.

 

Que penser alors des violations à répétition de la Constitution et des droits de

l’homme que le Gouvernement qualifie de sans objet, d’illégitime, d’illégal ou

d’inconstitutionnel?

 

Le M23 fait remarquer au Gouvernement qu’il n’a pas pris les armes pour

chercher les grades et/ou pour intégrer ni dans une armée qui n’existe que de

nom ni dans les institutions de la République malades de la mauvaise

gouvernance.  Le M23 a plutôt pris les armes pour que le pays soit gouverné autrement.

Il est donc sans objet de disserter et de discuter sur les conditions

d’intégration du personnel militaire et politique dans un système de

gouvernance décrié par tous. Il n’y a qu’à constater le nombre des

défections, des révoltes et des manifestations organisées contre le

Gouvernement à l’intérieur comme à l’extérieur de notre pays par les

Congolais.

Que dire du malaise généralisé exprimé par des mouvements insurrectionnels

à travers toute la République?

 

VI. CONCLUSION

 

Le Gouvernement a lu de manière biaisée les revendications du M23 dans les

domaines sécuritaire, politique, économique et social et sa réponse est

inadéquate.

Eu égard à tout ce qui précède, le M23 précise à l’attention du Gouvernement

ce qui suit :

 

1. Toutes les revendications posées sont légitimes et valables.

2. Le M23 exige que ces négociations se passent dans le respect mutuel

de deux parties en n’usant plus des vocables dégradants.

 

3. Enfin, la délégation du M23 demande à la Facilitation d’inviter la partie

gouvernementale à procéder sans délai à l’examen des points 2 et 3 à

l’instar de ce qui a été fait pour le point 1 de l’Ordre du jour du

Dialogue. Il ne lui appartient pas d’apprécier unilatéralement les

revendications du M23.

 

Fait à Kampala, le 17 février 2013

POUR LE M23

François RUCHOGOZA T.

SÉCRETAIRE ÉXÉCUTIF ET CHEF DE DÉLÉGATION

!

One thought on “Dialogue de kampala: Réponse du M23 a la Délegation du Gouvernement de Kinshasa

  1. C’est ici ou’ les romains s’empoignerent; quelle reponse du berger a’ la bergere ? C’est comme on dit: est pris qui croyait prendre. L’aile Kinshasa dos au mur face a’ l’aile Rutshuru et si ils ne le savent pas encore, l’organisateur du Hold-up d’electoral de Novembre 2011 est passe’ aux aveux a’ partir de sa province d’origine du Katanga a’ Lubumbashi. Ainsi nous peuple Congolais osons croire que l’organisateur du Hold-up electoral de 2006 Mr Appolinaire Kimalu-malu, devenu membre influent de la majorite’ au pouvoir et chef adjoint de l’aile Kinshasa aux assises de Kampala fera aussi ses aveux comme Ngoy Mulunda. VOUS CONNAITREZ LA VERITE ET LA VERITE VOUS AFFRANCHIRA !!!!!!

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