Affaire Chebeya : Des avocats menacés par des sbires du pouvoir kabiliste

Joseph kabila Mutu pasi

Joseph kabila Mutu pasi

Dans un communiqué, sans date, intitulé «Appel urgent n°1», l’association de défense des droits humains «La Voix des Sans Voix pour les droits de l’Homme» (VSV) dit avoir été saisie «des menaces et de l’insécurité» qui pèsent «sur la vie» des avocats Jean-Marie Kabengela Ilunga et Peter Ngomo Milambo appartenant respectivement aux barreaux de Matete et de Gombe à Kinshasa. Les deux juristes sont les conseils des parties civiles dans le procès sur l’assassinat, le 1er juin 2010, au Quartier général de la police nationale, des défenseurs des droits humains Floribert Chebeya Bahizire et Fidèle Bazana Edadi. Les deux défenseurs plaident également dans des dossiers relatifs à des «infractions politiques». La “VSV” demande une intervention urgente en faveur de ces avocats auprès notamment de “Joseph Kabila”, du Premier ministre Augustin Matata Ponyo, du ministre de la Justice. Sans oublier le procureur général de la république et l’administrateur général de l’ANR.

Qui fait planer ces menaces sur les deux avocats? Pourquoi ? Selon la «VSV», lors d’une audience du procès Chebeya & Bazana, le représentant du ministère public, en l’occurrence le colonel Likulia, s’est livré, dans sa réplique, à une attaque personnelle à l’encontre de Me Kabengela alors que celui-ci agit dans cette affaire judiciaire au nom du Collectif d’avocats. Son «crime» est d’avoir demandé – comme l’aurait fait n’importe quel avocat – à la Haute cour militaire «de prendre en compte le témoignage du major Paul Milambwe».

“Un témoin gênant”

Inspecteur de la police nationale congolaise en fuite, celui-ci était le chef de service de sécurité à l’Inspection générale de la police au moment des faits. Dans une interview accordée au cinéaste belge Thierry Michel, Mwilambwe, qui est un des témoins oculaires de l’exécution de Chebeya et de Bazana, n’est pas allé par quatre chemins en mettant en cause «Joseph Kabila» et le «général» John Numbi Banza Tambo. Le policier a réitéré les mêmes accusations lors d’un entretien, diffusé le 17 octobre dernier, par Radio France internationale : «(…) je suis un témoin gênant pour le président de la République et même pour le général Numbi». Selon Mwilambwe, l’ordre d’exécuter Chebeya a été donné par «Joseph Kabila». C’est le major Christian Ngoy Kenga Kenga qui le lui a dit : «(…), j’ai reçu l’ordre du président de la République par le canal du général Numbi». De même, ajoutait Ngoy : « toute personne qui accompagnerait Chebeya, que ça soit son fils, que ça soit son collègue, que ça soit son épouse, doivent subir le même sort …».

«Pour avoir assisté conjointement avec Me Peter Ngomo Milambo plus ou moins deux cents (200) personnes militaires, policières et civiles enlevées en 2008, 2009, 2010 et 2011 et accusées être du mouvement insurrectionnel, indique par ailleurs le communiqué de la VSV, Me Jean-Marie Kabengela Ilunga reçoit depuis octobre 2012, sur son téléphone des appels de menaces de mort avec des numéros téléphoniques difficiles à rappeler, des messages sans texte, des appels sans que l’émetteur parle, etc.» Selon l’association, parmi les prévenus cités dans cette «prétendue insurrection», il y a plusieurs personnes gravement malades. D’autres ont perdu l’usage de l’appareil génital ou présentent des graves séquelles physiques. Plusieurs autres ont péri durant la détention …

“Arrêter d’exposer le pays sur RFI”

La VSV signale enfin que l’avocat Peter Ngomo Milambo fait également partie de l’équipe qui assure la défense de Me Firmin Yangambi, président de l’ONG «Paix sur Terre», et deux autres co-détenus «accusés depuis 2009, de tentative d’organisation du mouvement insurrectionnel et détention illégale d’armes». A en croire la «VSV», Ngomo a reçu le 9 janvier « un appel téléphonique émis par un numéro masqué d’une personne refusant de s’identifier». « L’avocat, ajoute-t-elle, a été menacé de mort et on lui a signifié que son habitation était bien connue pour mise en exécution de ces menaces». Ngomo a accordé le 9 janvier dernier une interview à la Radio France Internationale (RFI). Un correspondant anonyme lui a été demandé «d’arrêter d’exposer le pays» sur RFI.

Dans le pur style de groupe de pression, la VSV demande au public d’intervenir de toute urgence en faveur de ces avocats auprès notamment de : «Joseph Kabila» (e-mail : upp@ic.cd; pp@presidentrdc.cd , Fax : +243 88 02 120) ; Premier ministre Augustin Matata Ponyo (Tél.+243 99 80 37 113/+24315 030 400, e-mail : contact@primature.cd, primaturerdc@yahoo.fr) ; Wivine Mumba Matipa, ministre de la Justice et droits humains, (e-mail : min_droitshumains@yahoo.fr; B.P. 3137, Kin/Gombe, Fax : +243 8805521) ; le procureur général de la République Flory Kabange Numbi (Email : pgr_rdc@yahoo.fr) ; l’administrateur général de l’ANR (Sûreté nationale) Kalev Mutond (Tél.+243 99 81 10 427/+243 81 730 41 66/+243 81 24 31 190) ; l’administrateur principal de l’Agence nationale des Renseignements (ANR), (Tél. +243 81 88 88 268) ; Auditorat général, (E-mail : auditgeneralrdc@yahoo.fr).

B.A.W

Ci-après le texte intégral du communiqué de la VSV :

APPEL URGENT N°001

Concerne : Menaces, intimidations, harcèlements et craintes pour
la sécurité et la vie des messieurs Jean-Marie
Kabengela Ilunga et Peter Ngomo Milambo.

La Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) sollicite votre intervention urgente en faveur de la sécurisation des Maîtres Jean-Marie Kabengela Ilunga et Peter Ngomo Milambo, avocats respectivement aux barreaux de Kinshasa/Matete et Gombe et avocats des parties civiles dans le procès sur l’assassinat en 2010, des défenseurs des droits humains Floribert Chebeya Bahizire et Fidèle Bazana Edadi dans les installations de l’Inspection Générale de la Police Nationale Congolaise.

Description des faits

La VSV est saisie des menaces et de l’insécurité qui pèsent sur la vie de Maîtres Jean-Marie Kabengela Ilunga et Peter Ngomo Milambo.

Les deux avocats font partie du collectif d’avocats qui assistent les parties civiles dans le procès sur l’assassinat des défenseurs des droits humains, Floribert Chebeya Bahizire et Fidèle Bazana Edadi. Les deux avocats sont très actifs dans la recherche de la vérité sur cet ignoble assassinat.

Ils sont également très plongés dans les dossiers de personnes poursuivies pour des motifs politiques. C’est le cas notamment des opposants politiques et les personnes accusées d’insurrection.

L’insécurité dont il s’agit se manifeste par des faits suivants :

1. Me Jean-Marie Kabengela Ilunga a fait l’objet d’une attaque verbale par le Ministère public représenté par le Colonel Likulia dans la réplique de ce dernier en 2012, lors d’une audience du procès sur l’assassinat des défenseurs des droits de l’homme Floribert Chebeya Bahizire et Fidèle Bazana Edadi, en le citant nommément plusieurs fois, alors qu’il intervenait au nom du Collectif. L’organe de la loi s’attaque à Me Kabengela suite à la demande adressée par ce dernier à la Haute Cour Militaire (HCM) de prendre en compte le témoignage du major Paul Milambwe, fugitif et témoin oculaire qui a assisté à la scène macabre et tragique d’assassinat des défenseurs des droits humains précités.

2. Pour avoir assisté conjointement avec Me Peter Ngomo Milambo plus ou moins deux cents (200) personnes militaires, policières et civiles enlevées en 2008, 2009, 2010 et 2011 et accusées être du mouvement insurrectionnel, Me Jean Marie Kabengela Ilunga reçoit depuis octobre 2012, sur son téléphone des appels de menaces de mort avec des numéros téléphoniques difficiles à rappeler, des messages sans texte, des appels sans que l’émetteur parle, etc. Parmi les personnes poursuivies par la Cour Militaire de la Gombe pour la prétendue insurrection, il y a celles qui sont gravement malades, celles qui ont perdu l’usage de l’appareil génital, celles qui sont décédées et celles encore avec des séquelles physiques graves…

3. Le premier président de la Cour Militaire de Kinshasa/Gombe, le colonel Masungi avait envoyé le 20 décembre 2012, une lettre au bâtonnier de Me Jean Marie Kabengela Ilunga pour une action disciplinaire contre lui. Le motif est d’avoir été absent à une audience des affaires des militaires de l’Equateur car c’était le jour du prononcé.

4. Me Peter Ngomo Milambo, membre de la défense de Me Firmin Yangambi Président de l’ONG « Paix sur Terre », et deux autres co-détenus accusés depuis 2009, de tentative d’organisation du mouvement insurrectionnel et détention illégale d’armes, a reçu le 09 janvier 2013 un appel téléphonique émis par un numéro masqué d’une personne refusant de s’identifier. L’avocat a été menacé de mort et on lui a signifié que son habitation était bien connue pour mise en exécution de ces menaces. Il est reproché à Me Peter Ngomo d’avoir accordé une interview sur les antennes de la Radio France Internationale (RFI) édition Afrique du 09 janvier 2013, et il lui a été demandé d’arrêter d’exposer le pays à la RFI. Il faut signaler que M. Firmin Yangambi et ses co-accusés ont été condamnés à mort par la justice militaire au 1er degré ; en appel, ils sont condamnés à vingt ans de prison. L’affaire a été portée en cassation à la Cour Suprême de Justice. Le prononcé du verdict fixé au 03 octobre 2012 n’a jamais eu lieu. Contacté, le juge a affirmé que le dossier était au greffe au moment où le greffier a affirmé le contraire.

Eu égard à ce qui précède, la VSV vous recommande de vous adresser aux autorités politiques, judiciaires, militaires, policières et des services de sécurité de la RDCongo aux fins de garantir la sécurité, l’intégrité physique et la liberté de ces avocats pour leur permettre d’exercer librement leur profession.

Intervention à adresser :

· Président de la République M. Joseph Kabila, Palais de la Nation, Kinshasa/Gombe, République Démocratique du Congo,
E-mail : upp@ic.cd; pp@presidentrdc.cd
Fax : +243 88 02 120 ;

· Primature, Hôtel du Gouvernement, Avenue : Roi Baudouin n°5, commune de la Gombe, Tél. +243 99 80 37 113/+243 15 030 400, E-mail : contact@primature.cd, primaturerdc@yahoo.fr;

· Ministère de la justice et droits humains,
E-mail : min_droitshumains@yahoo.fr; B.P. 3137, Kin/Gombe,
Fax : +243 8805521 ;

· Secrétariat général des droits humains,
E-mail : sgdroitshumain@yahoo.fr;

· Vice-Ministre des droits Humains :
Email : sakinaselemani@yahoo.fr

· Parquet Général de la République, M. Le Procureur Général de la République, Email : pgr_rdc@yahoo.fr

· Agence Nationale des Renseignements (ANR), M. L’Administrateur Général, Tél. +243 99 81 10 427/+243 81 730 41 66/+243 81 24 31 190 ;

· Administrateur Principal de l’Agence Nationale des Renseignements (ANR), Tél. +243 81 88 88 268 ;

· Auditorat Général, E-mail : auditgeneralrdc@yahoo.fr;

· Mission permanente de la République Démocratique du Congo auprès des Nations Unies, Avenue de Budé 18, 1202 Genève, suisse, E-mail : missionrdc@bluewin.ch, fax : +41 22 740 16 82 ;

· Délégation de l’Union Européenne,
E-mail : delegation-dem-rep-of-congo@cec.eu.int

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