Faudrait-il encore une preuve, s’est-il interrogé, pour démontrer que la République très très démocratique du Congo est gouvernée par un homme malade du dédoublement de personnalité et qui s’évertue à faire juste le contraire de ce qu’il dit?

Joseph Kabila

Joseph Kabila

Ouf ! C’est le cri de soulagement poussé par Jean Bamanisa et Jacques Mbadu, élus en octobre dernier gouverneurs respectivement de la Province Orientale et de la Province du Bas-Congo – en apprenant que la Cour suprême d’injustice, pardon, de justice a finalement reconnu, jeudi 3 janvier, qu’ils sont bel et bien les successeurs élus de Médard Autsaï et de Floribert Mbatshi Mbatsha. Il faut espérer que les nouveaux gouverneurs comprendront que l’élection ne suffit pas pour légitimer un pouvoir. A l’onction populaire, ils doivent ajouter l’efficacité par rapport aux attentes de la population. En attendant que Bamanisa et Mbadu soient jaugés à l’épreuve des faits, la publication de cette décision de la plus haute mais tristement célèbre juridiction du pays met fin certes à un psychodrame. La République très très démocratique du Congo n’en sort pas grandie. Et pour cause, le «raïs», alias «la haute hiérarchie», alias le “garant” de la nation y a joué un rôle pitoyable. Il y a joué le rôle de “garant du mauvais fonctionnement des institutions”. Durant deux mois, le successeur inattendu de Mzee, en véritable «super tricheur de la République», a multiplié des manœuvres dilatoires pour faire invalider le vote libre, transparent et démocratique exprimé tant à Matadi qu’à Kisangani. Bamanisa et Mbadu, membres de la prétendue «majorité présidentielle» avaient commis le «crime de lèse-raïs» en se présentant en «candidat indépendant», sans le label “MP”. Au lieu de chercher la signification de ce «reniement», le «raïs» dont le cerveau n’est pas plus gros que celui d’un coq a brandi le gourdin pour punir les deux «récalcitrants». C’est un nouveau revers enregistré par le futur ex-locataire du Palais de la nation qui poursuit sa descente aux enfers.

Selon mon ami qui sait tout sur tout et presque tout sur rien sur les potins de Kinshasa-Lez-Immondices, le «raïs» souffrirait d’un dédoublement de personnalité dans le style “Dr Jenkil” et “Mister Hyde”. «Il y a d’un côté, dit-il, Monsieur Joseph Kabila qui tente de jouer le rôle de chef de l’Etat en ponctuant ses discours de quelques valeurs humanistes : le dialogue, la réconciliation, la paix, la justice, la sécurité des personnes et des biens etc. Et de l’autre, il y a l’ex-commandant Hyppolite Kanambe, un hors la loi friand de la drogue dure, qui n’est à l’aise que lorsqu’il triche et se comporte en voyou». Pour étayer sa théorie, mon ami de me rappeler que lors de son allocution devant le Congrès le 15 décembre au Palais du peuple, le «raïs» a osé dire, sans ambages, que l’élection des gouverneurs de province à Matadi et à Kisangani «ont démontré la vivacité de notre système politique dans lequel toutes les libertés sont admises et les contradictions, acceptées». Alors que la majorité présidentielle a tenté sans succès de renverser la situation en faveur de ses affidés.

Mon ami qui aime bien me rabattre les oreilles avec de grandes théories politiques de lancer : «Gouverner, c’est faire prévaloir sans cesse l’intérêt général contre les intérêts particuliers!». Ne voyant pas où il voulait en venir, je lui demande d’être plus explicite. Il me dit : «Bamanisa et Mbadu déplaisent au raïs simplement parce que celui-ci a des intérêts maffieux à préserver tant dans la Province Orientale qu’au Bas-Congo». A en croire mon ami qui sait décidément tout, Déo Nkusu était le candidat préféré du frangin du «raïs» dont le petit nom rappelle celui Joe Dalton des aventures de Lucky Luke. Il semble bien que le frangin soit devenu un promoteur touristique à Moanda. Le «raïs», lui, lorgnerait sur l’île de Mateba pour construire une ferme. «L’or de Kilo Moto et le pétrole de l’Ituri intéresse au plus haut point « la haute hiérarchie » et son meilleur ami le moyuda Dan Gertler», ajoute l’ami.

Poursuivant la démonstration de sa thèse de “dédoublement de personnalité”, l’ami de me demander : « Savez-vous pourquoi, la Cour constitutionnelle n’est toujours pas opérationnelle six années après la promulgation de la Constitution ?» Après ma réponse négative, il poursuit : «C’est le raïs qui joue le rôle de goulot d’étranglement. C’est connu qu’il ne fait preuve de zèle que lorsque ses intérêts sont à l’abri des aléas. Dans le cas contraire, il traîne les pieds». Mon ami qui voit décidément le mal partout, suspecte le «raïs» de retarder l’installation de cette Cour. Au motif que la composition de celle-ci risquerait de le priver de l’emprise qu’il exerce sur la Cour suprême de justice. Les neufs membres de cette juridiction doivent être désignés, par tiers, respectivement par le «raïs», l’Assemblée nationale et le Sénat. 

Pour mon ami, il n’y a plus de doute que le «raïs» est un malade qui s’ignore. Il souffre d’un dédoublement de personnalité. L’ami de citer, à titre d’illustration, l’allocution prononcée le 15 décembre par “la haute hiérarchie” appelant à «la cohésion nationale». «Pendant ce temps, l’armée, la police nationale, les services secrets sont devenus l’apanage des Congolais d’expression swahilophone, s’enrage l’ami. Comment peut-il parler de cohésion nationale au moment où le navire commence à prendre l’eau de toutes parts?» L’ami d’épingler, dans la foulée, la composition de l’équipe du Premier Vizir Hakuna Matata, alias Augustin Ponyo Mapon. «Sur 36 membres du gouvernement, dit-il, pas moins de neuf sont originaires de la seule province du Katanga».

L’ami de conclure en faisant état de sa surprise d’entendre le « raïs », alias commandant suprême des FARDC, de la police nationale et de la garde présidentielle, clamer sa volonté de doter le pays d’une armée non seulement «dissuasive» mais aussi «nationale, apolitique et professionnelle». Pour lui, le «raïs» dont le dédoublement de personnalité ne fait plus l’ombre d’un doute a ainsi reconnu que les FARDC n’est qu’un assemblage de miliciens au service du parti présidentiel. Des miliciens dénués de tout professionnalisme en matière de l’art de la guerre. “Faudrait-il encore une preuve, s’est-il interrogé, pour démontrer que la République très très démocratique du Congo est gouvernée par un homme malade du dédoublement de personnalité et qui s’évertue à faire juste le contraire de ce qu’il dit”?

Issa Djema
© Congoindépendant 2003-2013

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