Les Kinois s’en contrefichent !

Pour les « kinois », que vous soyez Kabila, Boshab, Ruberwa, Matata, Mende, Onusumba, Makenga, moise Katumbi, etc… nous sommes  tous les mêmes « des Bawuta, des Minasema, des Yuma ».

Lors de la récente réunion de prière, le samedi 25 aout, en la cathedrale du Centenaire tout le monde a pu le constater à la télévision, l’immense église était au trois quarts vide. En réalité les « kinois » n’en n’ont cure du M23,  comme ce  fut le cas de  L’AFDL, du RCD. Eux, ces sont le « ayant droit ». De vos révolutions, de vos rebellions, ils n’en ont rien à cirer, ils ont leurs problemes de survie, leur quotidien  difficile à gérer,  et dont ils sont le seul à détenir le secret. Il est vrai qu’il n’est pas facile de comprendre le fonctionnement et l’état d’esprit de cette catégorie de Congolais, souvent présentée comme imbue de leur qualité de Kinois et n’ayant comme unique sujet de fierté que d’être né à Kinshasa, la capitale, d’en être des « ayant droit ».

Etre Kinois, c’est un état d’esprit et un mode de vie proche de la paresse. Ici, on maîtrise le temps en relation avec le parcours de l’astre solaire, de son réveil le matin du côté de Livulu, à son coucher au delà du fleuve Congo. Un temps reparti entre les séances de jeu de dames en matinée, autour du « Malewa » à midi et l’ambiance du soir  en partageant une bière, une danse et pourquoi pas les femmes.

Une situation qu’ils n’ont pas choisie mais à laquelle ils ont été réduits par la force des choses à cause de la prédation des autres, les Bawuta, les non – Kinois qui ont détruit les emplois et créé le chômage selon les Kinois.

En effet dans le  passé, Kinshasa était un grand centre économique et culturel. Les grandes sociétés kinoises, créées dans les années 30, comme ONATRA, Chanic, Utexco, Snel ou la TCC, ont donné du travail, des logements et développé des activités partout dans la ville. Chanic et Utexco disposaient de leurs camps où logeaient leurs travailleurs du côté de Kintambo. Les fonctionnaires et cadres de l’administration avaient leurs quartiers à Bandal, Matonge et Immocongo (20 mai), tandis que camp Cito ou Kauka, avec ses complexes sportifs hébergeaient les employés de l’ONATRA. Mieux, à la retraite des parents, les enfants – ces Bana Kin, étaient assurés de les succéder, soit à un poste similaire soit à un poste plus important. Cette situation était doublée d’une protection sociale qui faisait des enfants des « ayant – droits » de leurs parents, aussi bien pour les soins médicaux, les fournitures scolaires que par l’accès à l’emploi.

La politique d’accès à la propriété permettait également aux parents de devenir propriétaires de leurs logements. Les enfants de ces derniers, Kinois à part entière, de par leur statut d’ « ayant droit », étaient bénéficiaires de ces acquisitions. Ce qui a fait que, dans l’éducation du Kinois, le respect du bien public, de l’espace public, comme des biens de l’entreprise sont sacrés, si l’on veut que les générations futures ne manquent de rien.

Ce leitmotiv, les Kinois l’ont respecté mais pas les autres, les « Mapeka » qui, fort de leurs diplômes et de leurs positions, se sont emparés de ce que les Kinois et leurs parents ont conservé pour se les partager sans vergogne. On peut aussi se demander si ces Kinois n’avaient pas de diplômés pour faire le contrepoids, bien sûr qu’il y en avait.

Rappelons nous qu’au milieu des années quatre-vingt, Kabaidi, un Kinois, surnommé « enfant terrible » essayera, lorsqu’il sera nommé gouverneur de la ville de Kinshasa, de rendre à sa ville son éclat d’antan par la réhabilitation des espaces verts et des ronds-points de Kinshasa ; mais son successeur, Tshimbombo, non – Kinois, prédateur et corrompu, en arrêtera l’expérience. Et c’est de cette période que date, selon les Kinois, leur aversion à l’égard des « Yuma », « Bawuta » et « Mapeka ». Qui  à leurs yeux, ont détruit leur ville et ses infrastructures, mis en faillite toutes les entreprises que leurs pères ont bien gérées aux côtés des « Blancs » parce qu’ignorant complètement leur histoire, l’histoire de leur ville et de ses entreprises qui leur appartenaient un peu. Puisqu’ils y avaient investi aussi. Les autres, les « Bawuta », prédateurs, ont tout détruit, inconsciemment ou sciemment.

Bref, leur kinshasa, qu’un kinois d’âme et  de cœur, MOBUTU SESE,  avait agrandi et embelli, les autres l’ont cochonné. Aujourd’hui, Kin est synonyme de petits cireurs de chaussures, des malewas et des kulunas. Aujourd’hui, personne ne se gêne de parler de “Kin-la-poubelle”. L’insalubrité s’est installée dans tous les coins de rue. Qu’il s’agisse du Marché central, situé dans la commune de Gombe et qui devrait faire la fierté de cette entité, tout comme toutes les autres places de négoces, l’insalubrité bat son plein. Les rivières traversant la capitale de la RDC sont devenues de véritables dépotoirs. Kalamu, Lukaya, Makelele, et autres rivières regorgent aujourd’hui une bonne partie des déchets produits par les Kinois.

Dans presque tous les marchés, les conditions de vente sont des plus exécrables. Des denrées alimentaires sont étalées à même le sol, ou sur des sacs voire même des pagnes. Les clients qui viennent s’approvisionner marchent des fois, par inadvertance, sur les aliments. Ces femmes qui étalent leurs produits à même le sol et le plus souvent à l’entrée du marché ne manquent pas d’arguments : à l’intérieur, soutiennent-elles, elles risquent de rester inaperçues. En se mettant en vedette, elles ont plus de chance d’être vues et donc de pouvoir vendre.

Les kinois qui avaient l’habitude de balayer une fois par semaine dans les marchés ou devant certains édifices publics voire même devant leurs maisons d’habitation, sur recommandation de l’autorité, « le salongo », ont perdu ces bonnes manières. Et le manque des poubelles constitue aussi une lacune à combler. Pour exemple, une fois devant une rivière comme Kalamu, il est pratiquement impossible de respirer à cause de l’odeur nauséabonde que dégagent les immondices à longueur des journées.

Comme les autres rivières, Kalamu n’est pas curée depuis bien longtemps. Les riverains et autres ont pris l’habitude d‘y déverser leurs balayures, détritus, voire même des cadavres d’animaux et fœtus sans se soucier des conséquences sur la coulée des eaux. C’est justement à cause de cela que les rivières sont bouchées et causent des inondations plus tard avec le débordement lors de fortes précipitations. L’eau se forge un autre passage tant bien que mal ailleurs. Pire encore, les riverains ont canalisé les tuyaux de leurs fosses septiques vers ces rivières.

Pour les habitants de Matonge, quartier que traverse une bonne partie de la rivière Kalamu, il est lointain le souvenir des enfants se baignant dans la rivière, buvant cette eau ou encore des femmes y faisant calmement leur lessive. Parler du M23, c’est le cadet des soucis des kinois.

Kinshasa d’aujourd’hui,  ces sont les Malewa , un repas déjà prêt à la consommation et vendu dans les restaurants de fortune de la capitale de la RDC. Jadis, méconnu des Kinois, le Malewa est apparu à Kinshasa vers les dix dernières années et cela fait suite à la précarité qui a élu domicile à travers la ville. En effet, le Kinois vit au jour le jour, quittant très tôt à jeun son lit pour l’administration, l’informel ou les affaires, il ne rentrera que fort tard la nuit tombée.   Qu’ils sont à compter sur le bout du doigt, les rares Kinois capables de s’offrir de nos jours un repas copieux à midi. Le reste de la population se voit réduit à vivre la
débrouillardise : c’est-à-dire un repas peu consistant car manquant le strict minimum nécessaire pour la survie.   Pour les travailleurs de l’administration publique, les chauffeurs, les vendeurs, les tailleurs et autres, le« Malewa » reste sans contredit, la solution la mieux indiquée pendant la pause.   Très souvent visible à proximité de certains services administratifs, à côté des garages, dans les ports etc…

 

Kinshasa, c’est aussi l’insécurité generalisée. Un vaste mouvement de violence est en train de prendre de l’ampleur à Kinshasa. Des jeunes sportifs constitués en groupes de gangs abusent de leurs muscles en semant la panique et la terreur dans certaines communes et quartiers chauds de la ville, à savoir : Matete, N’djili, Ngaba, Kintambo, Mombele, Masina, Kauka, Yolo, et Makala pour ne citer que ceux-là.  l’on assiste volontiers à des scènes de bagarres rangées entre bandes rivales d’une rare violence, et ce, en plein jour comme au crépuscule à coups de couteaux, machettes, bouteilles et autres projectiles.  Panique generale; les lieux se vident et le camp qui aura pris le dessus sur l’autre sanctionne son forfait par une vraie scène de pillage emportant au passage : chaises en plastique, tables et autres et cela sous les regards impuissants de ceux-là mêmes, habiletés à protéger les personnes et leurs biens. A leur passage, les badauds courent dans tous les sens scandant : « kuluna, kuluna ». Alors, parler de l’insécurité à l’Est, les kinois s’en contrefoutent comme de l’an 40. L’insecurité, ils la vivent tous les jours dans leurs quartiers. 

Plus que l’eau, dont la distribution est inégale selon les quartiers, c’est le manque d’électricité qui rend le quotidien difficile. Quand ce n’est pas l’offre qui est en cause, c’est l’état du réseau. Pour pallier les pénuries, on s’entraide. Quand on n’a pas d’électricité, on se branche chez le voisin ; pour éviter les surcharges, on organise des délestages. Et, en cas de panne, on s’éclaire à la bougie. Mais alors, plus de bière fraîche ni de télé. Et, les kinois savent que ce n’est pas la faute au M23.

La croissance anarchique de la capitale est un autre problème. Depuis l’indépendance, l’extension de Kinshasa, qui compte vingt-quatre communes, dont certaines sont tout ou partie rurales, comme Nsele et Maluku, s’est faite sans plan directeur. L’habitat anarchique est pratique courante. Elle a commencé en 1959, donnant naissance aux populeuses communes de Ngaba, Masina, Kimbanseke, Makala, Bumbu et Selembao. Les nouvelles zones d’extension – sud de Ngaliema, de Mont-Ngafula et Nsele – n’y échappent pas. On construit sans normes ni équipement, et plutôt des maisons que des habitations à étages. À part quelques immeubles érigés à l’époque coloniale pour les « indigènes » et les tours de la Gombe. Malgré la frénésie actuelle de construction, le patrimoine ancien n’a pas subi de lifting. Le bas revenu, qui oblige plusieurs générations à cohabiter dans une même parcelle, permettent tout juste de donner un coup de peinture. Les occupations anarchiques, le manque d’électricité et d’assainissement, ont fini par poser de sérieux problèmes environnementaux. « On ne sait plus où mettre les ordures ménagères. La ville est sale, s’indigne un Kinois. Beaucoup d’arbres ont été coupés pour les besoins de construction et la fabrication de charbon de bois. Si bien qu’à Ngaliema, Mont-Ngafula, Kisenso et Lemba des maisons s’effondrent à cause de l’érosion. » Alors, parler de Bunagana et Rutshuru aux kinois entassés les uns sur les autres relève simplement de l’irrationnel de haut niveau. Autant leur parler de Saturne ou de Mars.

La vétusté des moyens de transport- taxis collectifs et fula-fula (minibus)-, l’augmentation du parc automobile et le mauvais état de la voirie rendent les déplacements difficiles dans une ville de près de 10 000 km2, qui s’étend sur 30 km d’est en ouest et plus de 60 km du nord au sud. Des routes ont été réhabilitées, mais le démarrage des fameux cinq chantiers du chef de l’État (les « Tshen, tshen, tshen », comme les appellent les Kinois, faisant allusion aux compagnies et ouvriers chinois qui les construisent), censés améliorer l’état du réseau, traîne. La seule réalisation concrète concerne le boulevard du 30-Juin, dont on a enlevé le terre-plein central et coupé les arbres centenaires qui le bordaient, pour élargir la chaussée… « A-t-on vraiment besoin d’une autoroute en centre-ville ? » s’interrogent nombre de Kinois. Ailleurs, les trous rendent la circulation chaotique et se transforment en mares à la saison des pluies.

Lambert Mende aura beau crier sur tous les toits que les congolais sont mobilisés comme un seul homme contre les M23, il ment et les congolais le savent. Sans promesses de distribuer des pagnes, de faire couler la bière à gogo et de distribuer des perdiem aux cadres,  la majorite presidentielle est incapable de tenir un metting a kinshasa et partout ailleurs dans la republique.Le recrutement de jeunes recrues au Nord-kivu est un veritable échec. Un militaire s’est donné la mort hier au camp katindo, apres avoir tué sa femme et ses trois enfants. La carrière militaire n’est guère une carrière d’avenir. Et Pourtant, l’armée est le socle de tout Etat.

La rédaction du http://www.m23mars.org

One thought on “Les Kinois s’en contrefichent !

  1. Bonne analyse. Si les kinois se mobilisaient contre ces mafieux a la tete de l’etat au lieu de se laisser distraire par leur kinoiserie. La revolution ne viendra pas tjrs de l’Est ou l’on taxe tjrs les initiateurs d’un boom revolutionnaire de pro rwandais ou de rwandais! A quand la conscience patriotique de la part de ces kinois mon Dieu! Kinois reveillez- vous, vos malheurs ne viennent pas de vos compatiotes ”Yuma, Bawuta, Mapeka” mais plutot de votre inertie! La manne ne tombera plus jamais du ciel.

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